

te quiero... (je t’aime...), installation sonore, dimensions variables
ADAGP Paris 2002
Pajaritas de papel
Amor à deux, à cent, à mille ; à mille lieues dans l’ombre blanche d’une nuit bleue.
Amour à la romaine, à la voile latine et carrée, à la vapeur luminescente de ces gallinacés à rebours. Bords et rebords, pliés selon des obliques et des médianes, des vallées et des montagnes. Dans ce géomorphisme du carré, l’angle est bec, les ailes repliées sont pattes et pieds, pied de poule sur le tissu, deux, cent et mille fois retissé, d’un cercle de lumière. Cercle offert, cercle de l’offrande, dans cette geste de la vie où il faudra bien que l’amour fasse sang ; où il faudra toujours que la mort s’inscrive comme l’éternel cycle du retour vers la vie ; où il faudrait qu’au babel de l’interrogation réponde, sans trêve, l’insatiable et effrénée rumeur de l’amour revendiqué.
L’écriture, elle, s’y fait rarement trame… c’est la blancheur des pajaritas de papel…la blancheur de la feuille de papier ; la virginale blancheur du carré, invraisemblable candeur que bleuit la noirceur de la lumière.
Au centre du halo, solitude prisonnière, différence rouge, comme un éclat de sang, comme une goutte de feu, la cocotte écarlate, la cocotte confuse, fiévreuse tache indélébile et fragile, infantile et risible : nez rouge sur le visage blafard de la mort, rouge baiser sur la vierge candeur des carrés de papier.
Alain-J. Calbo- octobre 2002
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